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Gilles Pellerin (1926-1977)


Né le 18 avril 1926 à Nicolet.  Fils de Emile Pellerin et de Eva Bélanger.  Après des études au Séminaire de Nicolet, alors

qu’il a 17 ans, il songe à devenir comédien.  Un jour, au collège, il joue dans la pièce de théâtre L’Aiglon.  Pour une raison

qu’il ignore, il sort du texte et se met à faire des blagues et tout le monde rit.  Depuis ce jour, il n’a jamais nié la rumeur

qui voulait qu’il soit comique.  C’est ainsi que sa vraie carrière débuta.

Gilles Pellerin commence sa carrière comme annonceur radio à la station CHLN de Trois-Rivières en 1944, pour, par la

suite, se joindre à l’équipe du poste de radio CKVL de Verdun en 1947.  Il intègre une émission radio déjà populaire à CKVL : La Parade de la chansonnette française.  Cette émission, d'une durée de huit heures au cours de laquelle se relaient plusieurs animateurs, est la locomotive de la station.  D'autres jeunes animateurs se joignent à l'équipe animée par Jacques Normand: Roger Baulu, Jean-Maurice Bailly et Paul Berval.

L’année suivante, il travaille au côté de Jacques Normand et Billy Munro à l’émission Le Fantôme du clavier qui connaît un grand succès.  Son travail à cette émission lui vaut le trophée Radiomonde, décerné à l’annonceur le plus populaire.

Il développe alors une grande complicité avec Jacques Normand. Il doit sa première notoriété au statut de victime que Jacques Normand lui fait coller à la peau en le criblant de flèches humoristiques sur sa petite taille, sa maladresse et ses manières lourdaudes.  D’ailleurs, à ce sujet, en 1950 dans les pages du journal Radiomonde, Gilles Pellerin fait publier une lettre ouverte demandant le renvoi de Jacques Normand, naturellement le tout fait avec humour.

Cette collaboration l'entraîne dans de nombreux spectacles de cabarets montés  au Faisan doré, au Saint-Germain des Prés et aux Trois Castors.  À partir de la fin des années 1940, il développe rapidement ses propres monologues qui mettent souvent en premier plan les fameuses aventures de Roland, souvent aux prises avec sa mère, l'ineffable mère à Rolland qu’il présente pour la première fois
au cabaret montréalais Au Faisan Doré.

Au début des années 1950, il se produit au Cabaret Saint-Germain-des-Prés pour, par la suite, devenir codirecteur des cabarets montréalais Le Continental et Les Trois Castors, avec son ami Jacques Normand.

En 1953, il devient co-animateur (avec Jacques Normand, Paul Berval et Lucille Dumont) d'une des premières émissions de variétés à la Télévision de Radio-Canada: Le Café des artistes.  De 1955 à 1957, il partage la vedette avec Jacques Normand et Colette Bonheur dans une autre émission de variétés de la télévision de Radio-Canada, Porte ouverte qui connaît un grand succès.

C'est l'époque la plus florissante de Gilles Pellerin.  Il est alors un des humoristes les plus appréciés au Québec, non seulement dans les cabarets, mais également dans des émissions de variétés à la radio et à la télévision où il est souvent invité.

Il décide de se présenter au poste de député, dans son comté natal de Nicolet-Yamaska, aux élections fédérales de 1958 sous la bannière du Parti libéral du Canada; malheureusement pour lui il perd ses élections.  Ce sera sa seule expérience politique.

De 1963 à 1966, il est censeur pour le bureau de censure du Québec.

La fin de la grande période des cabarets montréalais (début des années 1960) enlève à Gilles Pellerin une tribune où il excellait et ses présences médiatiques s'espacent même si on peut encore l'apprécier dans des séries télévisées comme Cré Basile, les Mont-Joye, Quelle famille! et La Petite Patrie.  À la radio, il anime au poste CKVL l'émission La ligne est occupée en compagnie de Clovis Dumont, dans la deuxième moitié des années 1960.  Il a également joué dans deux longs métrages québécois, La pomme, la queue et les pépins de Claude Fournier et Tout feu, tout femme, de Gilles Richer, et il a été journaliste à La Patrie pendant quelque temps.

C’est en 1968 qu’il commet son premier microsillon, qui s'avère être le seul.  L’enregistrement se fait au cabaret Chez Fernand Gignac.  Gilles Pellerin aura été à la hauteur des attentes du public en racontant pendant plus de trois heures les aventures de la mère à Roland.  À la fin de cette même année, Gilles Pellerin est hospitalisé d’urgence pour crise aiguë du pancréas.  Il souffre du diabète depuis quelques années mais il l’ignorait.  Pendant la nuit il tombe dans le coma.

De 1975 jusqu’à son décès en 1977, on peut l’entendre sur les ondes de  la station CHRS de la Rive-Sud où il anime une quotidienne d’une heure.

Au début des années 1970, Gilles Pellerin avait été terrassé à plusieurs  reprises par des faiblesses cardiaques graves.  À cette époque, une station de radio avait même annoncé sa mort, l’artiste, avec raison, n’avait pas apprécié la plaisanterie.  Malheureusement le 15 août 1977,  Gilles Pellerin meurt et ce n’est pas une rumeur. 

Bien avant Yvon Deschamps et Marc Favreau il est considéré comme le premier grand monologuiste du Québec.  Son décès est trop peu remarquée, s'étant produit la veille de celui d’un certain Elvis Presley.

Extrait du monologue Les noces d’or de la mère à Roland, " On a fêté les noces d’or de la mère à Roland. Hey ! 50 ans de mariage, on rit pas. C’est à dire qu’on rit pas, façon de parler ça fait 23 ans qu’est veuve, son mari y’était pas, mais comme dit Madame Brochu ce qu’on sait pas ça nous fait pas mal."

Liste sommaire des artistes avec qui il a travaillé dans des émissions et films, qui sont nommés sur ce site:

Berval, Paul: (1961) émission télé"Sur le bout du banc".
Gamache, Marcel: (1974) le film "C'est jeune et ça sait tout".
Guimond, Olivier: Après la 2e guerre il côtoie Pellerin, Denis Drouin dans les cabaret de Montréal.
La Poune (Ouellette, Rose): (1974) le film "Les aventures d'une jeune vierge".
Le Père Gédéon: (1953) série télé "La famille Plouffe".
Légaré, Ovila: (1970) série télé "Mont-Joye"; (1969-1974) "Quelle famille"; (1976-1977) téléroman "15 ans plus tard".
Les Baronets: (1972) le film "L'apparition".
Les Jérolas: (1974) le film "La Pomme, la Queue et les Pépins".
Lévesque, Raymond: (1973) le film "Trois fois passera", (1975) le film "Tout feu tout femme".
Noël, Michel: (1963) téléroman "Le feu sacré".
Pérusse, Roméo: (1974) le film "La Pomme, la Queue et les Pépins".
Sol (Favreau, Marc): (1965-1970) téléroman "Cré Basile".
Ti-Gus et Ti-Mousse: (1974) le film "La Pomme, la Queue et les Pépins"
.
Discographie partielle:

Gilles Pellerin en spectacle vol. 1 / Série Alouette spectacles / AR- 902 / 1968/69

Sources:

1950 Radiomonde, 14 janvier, P. 8, Lord Oh! Oh!
1957 Radiomonde et Télémonde, 4 mai, P.19, André Rufiange
1968 Échos-Vedettes, 26 octobre, P. 11
1968 Télé Radiomonde, 21 decembre, P. 3
1977 Le Petit Journal, 20 août, P. 7, Manuel Maitre
1977 La Patrie - l'hebdo des canadiens-français, 20 août, P.1 .2. 3. 4. 5
1977 Téléradio-Monde, 21 août, Cahier Spécial
1977 Le Soleil, 16 août, P. E5, P.C.



 

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Série  Alouette Spectacle  AR-902    1968

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